Si je devais résumer cette saison apicole 2026 en quelques mots, je dirais qu’elle aura été intense dans le rythme de travail, bonne pour la production, mais compliquée par la chaleur et le manque de pluie.
Du printemps jusqu’aux dernières récoltes, il aura fallu suivre le rythme des abeilles… et cette année, elles ne nous ont pas beaucoup attendu !
Un printemps qui démarre très fort
Le printemps nous a offert de bonnes conditions et les colonies se sont développées rapidement. Nous avions de belles populations et la production de miel de printemps a été meilleure que d’habitude.
Mais lorsqu’une colonie se développe vite, il faut réussir à suivre derrière.
À certains moments, je n’allais tout simplement pas assez vite pour poser les hausses. Les abeilles commençaient à manquer de place et cela a probablement favorisé quelques essaimages.
C’est certainement l’un des enseignements que je retiendrai de cette saison : il faut être réactif.
Quelques jours peuvent faire une vraie différence dans un rucher. Pour 2027, il faudra donc essayer d’anticiper encore davantage.
Des hausses qui faisaient plaisir à soulever
Après avoir couru pour les poser, il a bien fallu les retirer !
Et cette fois, le poids des hausses était plutôt une bonne nouvelle.
C’est toujours un moment particulier lorsqu’on arrive dans un rucher pour récolter et que l’on sent immédiatement, en soulevant les hausses, qu’elles sont lourdes.
Après les semaines de travail du printemps, c’est une vraie satisfaction.
Au final, 2026 restera pour moi une bonne année de production de miel.
Puis la chaleur et le manque d’eau sont arrivés
L’été a été beaucoup plus compliqué.
Les fortes chaleurs et le manque de pluie ont fortement perturbé les floraisons et les miellées. Lorsqu’il fait très chaud pendant longtemps et que l’eau manque, les fleurs ne produisent plus les mêmes quantités de nectar.
La production estivale a donc été un peu décevante par rapport à ce que nous pouvions espérer.
Et lorsqu’il fait près de 38 °C, les abeilles ne sont pas les seules à subir la chaleur !
Nous avons dû adapter notre façon de travailler. Pendant les périodes les plus chaudes, nous intervenions le matin et nous arrêtions l’après-midi. Cela ne sert à rien de risquer un malaise au milieu d’un rucher.
Malgré ces températures, j’ai toutefois été agréablement surpris par le comportement des colonies. Je craignais davantage de conséquences liées à la chaleur, mais je n’ai pas constaté de mortalité particulière. Les abeilles ventilaient les ruches et attendaient simplement que les conditions deviennent plus supportables.
Un miel d’été particulièrement fleuri
Même si la quantité de miel produite pendant l’été a été limitée par la météo, cette récolte présente une particularité que j’apprécie beaucoup cette année : un goût particulièrement fleuri.
À l'heure où j'écris ces lignes, ce miel n'est pas encore mis en pots. Il est donc encore trop tôt pour savoir ce que vous en penserez.
La prochaine étape va justement être de préparer cette récolte à la miellerie avant qu'elle puisse rejoindre la boutique.
Varroas et frelons : une surveillance qui continue
Comme chaque année, le varroa fait partie des éléments qu’il faut surveiller attentivement.
Les frelons asiatiques sont quant à eux arrivés assez tard cette saison et leur présence est restée concentrée sur certains ruchers. Sur les emplacements concernés, j’ai installé des pièges afin d’essayer de limiter leur pression sur les colonies.
Il faudra encore observer les semaines à venir pour mesurer leur impact sur certaines ruches.
La récolte est terminée, mais pas le travail
La fin des récoltes ne signifie pas la fin de la saison apicole.
À cette période de l’année, l’une de mes priorités est de m’assurer que les colonies disposent de suffisamment de réserves pour passer l’hiver. Je contrôle également la pression du varroa afin d’éviter que les colonies n’entrent dans l’hiver avec une infestation trop importante.
Pour le moment, les ruches étaient globalement assez lourdes, ce qui est plutôt rassurant concernant leurs réserves.
Il reste maintenant à les accompagner jusqu’à l’hiver.
Une saison pour produire… mais aussi pour apprendre
2026 aura également été une année importante pour mon travail d’élevage de reines.
J’ai pu produire suffisamment de reines pour renouveler mes essaims, travailler aussi bien avec des fécondations naturelles qu’avec l’insémination, et continuer à affiner mes techniques et mon matériel.
Avec plusieurs amis apiculteurs, nous avons notamment organisé des journées consacrées à l’insémination et échangé des reines afin de progresser ensemble.
Les premiers résultats sont encourageants, mais le véritable verdict viendra en 2027, lorsque nous pourrons observer les colonies sur une saison complète.
Je vous raconterai ce travail plus en détail dans un prochain article, car cette partie moins visible du métier mérite à elle seule quelques explications.
Une saison intense, mais l’envie de recommencer est déjà là
Cette année, j’ai parfois eu l’impression de courir derrière mes abeilles.
Au printemps, il fallait poser les hausses suffisamment vite. Puis il a fallu récolter, suivre les colonies, élever les reines et s’adapter à une météo estivale particulièrement chaude et sèche.
Mais il y a aussi ces moments beaucoup plus simples qui rappellent pourquoi j’aime ce métier.
Faire le tour des ruchers au grand air et voir que les colonies vont bien. Ouvrir une petite ruche d’élevage sans protection et constater que les abeilles restent parfaitement calmes. Observer les jeunes reines commencer à pondre et imaginer ce que donneront leurs colonies la saison suivante.
Maintenant, les abeilles vont progressivement entrer dans leur période hivernale.
De mon côté, le travail va continuer à la miellerie et à l’atelier pour préparer la prochaine saison.
Et ce que j’ai déjà hâte de retrouver au printemps prochain est finalement très simple : ouvrir les ruches après l’hiver, retrouver des colonies en bonne santé et les voir recommencer à se développer.
Rendez-vous en 2027.